Un texte trouvé sur une pierre.

 

 

Pourquoi le laisser

 

Taper, cracher, baver ?

 

Assume et viens fesser

 

Ton sale gamin gâté.

 

 

 

Mets un peu de peau

 

Sur tes vieux os

 

Et remonte au jour

 

le punir sans recours.

 

 

 

Vire son masque

 

De ta main flasque.

 

Gifle sa grande gueule

 

De petit môme seul.

 

 

 

Ne déplace pas l’Oural,

 

Juste une pierre tombale,

 

Pour ces tendres instants,

 

Puis, bien sûr, va-t-en.

 

 

 

 

 

Un texte trouvé dans une forêt.

Oui, accompagne-moi,

Donne-moi ta main,

Et laisse ici ton effroi.

Là-bas, il sera vain.

Ecoute le chant de l’eau

qui dénonce tes leurres.

Je noie dans ce ruisseau

les restes de ton coeur.

Coule comme celle

qui balafre ma joie.

Insidieuse criminelle

D’un amour aux abois.

Je te perds au milieu

des souvenirs sombres,

sous les griffes et les yeux

des tristes ombres.

je creuse la terre complice,

Ecarte les feuilles tremblantes

Et j’enfouis malice et vices,

Ainsi que mes pensées hantées.

Je te tourne le dos, je fuis,

Et prie mon ami le vent

De ne pas ramener avec lui

Le parfum du bon temps.

Un texte trouvé sur un homme en short.

 

 

 

Ce matin-là, l’homme se leva

Affublé d’un short bleu roi.

Impossible de l’ôter

Il était collé à son fessier.

Comme un bambin humilié

L’homme se mit à crier.

Comme un gamin au coin

L’homme pleura sans soin.

Il était un grand dadet,

A peine, un adulte simplet.

Il voyait les regards amusés

Sur ses jambes intimidées.

Les sourires moqueurs

Face à ses mollets et sa peur.

Non pas qu’il était ridicule,

Non. Il se sentait ridicule.

Il remercia alors le destin

De trouver sur son chemin

Comme offerte, une hâche

Qui en deux coupes trash

Transforma la gêne obscène

En pudeur plus sereine,

Le short bleu et obsédant

en pantalon rouge sang.

 

 

Un texte trouvé en tournant le dos.

Pas même ton regard

Qui mille fois déjà

A du tuer les hagards

Droits et dressés là.

Pas même la délicatesse

Du dessin de tes seins

Ou la flatteuse étroitesse

De ton doux vagin.

Pas même ton parfum

Qui, il est vrai, me lia

Pieds et poings

et tripes et bras.

Seulement mon émoi

Qui doit cesser d’écouter,

Pardon excuse-moi,

Les notes d’amour tinter.

Plutôt que mon coeur

Je suivrai ma queue.

Plutôt que le bonheur,

Je suivrai le vaniteux.

 

Un texte trouvé dans la bave.

Je claque ma face,

Tabasse cette poufiasse.

J’arrache ces cheveux

Trop éparces et vieux.

Je tranche un digne majeur

et gueule en son honneur.

Je crève mes yeux innocents

et verse des larmes de sang.

Je réveille quelques souvenirs

Exprès pour les faire souffrir.

Je regarde mon coeur en face

Et ne le trouve pas à sa place.

Je bave, j’en bave,

Mais rien de grave.

Tout va bien, j’existe encore.

Un texte trouvé entre trois points de suspension.

Faites-le pleurer.

Frappez, blessez.

Ne soyez pas timide

Et visez le bide.

Il vous dira merci

Entre deux cris.

Amenez-lui l’ail

Que la peine s’en aille.

Coupez, frottez

Sous ses yeux embués.

Faites-le chialer,

Des larmes pisser.

Parlez-lui des partis

Et de ceux qui en rient

des chemins croisés,

des rêvés, des égarés.

Et qu’enfin,

Il pleure le sein,

La magie fragile,

Et l’âme sur un fil.

Un texte trouvé à genou.

Pas vu venir celle-ci,

Apparue sans un bruit,

Elle résonne encore

Sans mon accord.

Je l’aurais préférée

Érotique fessée,

Résonnante

Et culbutante.

Je l’aurais préférée

tarte au mépris et

À la colère salée

Dans ma gueule cassée.

Pourquoi pas même

De celle que j’aime,

Gifle jalouse

Dans la partouze.

Plutôt que cela,

Oh mon dieu, pas ça,

Me voilà à genou

Tendant l’autre joue.